t'es pas au courant

eh bien oui ! ..."quand on a un trou à sa culotte, on ne monte pas au cocotier".  (proverbe africain)

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01/04/2014

Poisson d'avril

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Me confier le micro un premier avril ! Aïe. Aïe. Aïe...Premier avril à l’école primaire du village. Le maire de l’époque, organise avec les sapeurs pompiers, l’exercice annuel d’évacuation. Un peu de bousculade certes, mais pas de panique : tout ce beau monde est dans la cour dans les deux minutes. Je rassemble les enfants pour les féliciter non sans remarquer qu’ils me montrent du doigt, ainsi que la maîtresse, en riant aux éclats. « Monsieur le maire me dit la directrice gênée comme si la République était en danger, puis-je enlever le poisson d’avril que ces garnements vous ont collé dans le dos ! ». « Que nenni, Madame la directrice ! Promettez-moi seulement de garder le vôtre toute la journée…» Ce premier avril reste comme l’un des meilleurs souvenirs de ma fonction de maire ! Il m’en faut peu... Et je vous annonce ce matin un scoop, chers auditeurs. Sur ma proposition, au journal officiel, en ce premier avril, nous apprenons que toutes les indemnités des élus et des conseillers de la république sont réduites de 36,45%... Pourquoi 36,45% ? C’est le taux de l’abstention, au 1° tour des municipales. Désormais le Trésor Public, à l’issue de chaque élection appliquera un taux réducteur égal au pourcentage de l’abstention. Résultat : 1/ fini de se lamenter sur l’abstention : on l’assume financièrement pour l’avoir en partie provoquée. 2/ économie de fonds publics : baisse des impôts. 3/ inversion garantie, elle, de la courbe du taux d’abstention dans les mois à venir. Et même si vous soutenez ma proposition, j’ai peur que, comme dans la cour d’école, nous l’ayons dans le dos…le poisson !

20100912_090356.jpg Saumon-Canada - Photo : © Samuel Blanc

04/03/2014

Flatulences

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Incident peu banal à Rasdorf, ville du centre de l’Allemagne. Fort heureusement, une seule blessée légère par brûlure, mais cela aurait pu être pis. Pis, dans la mesure où cette vache a été la seule touchée. Mais restons factuels. Elles sont 90 à ruminer leur sort tranquillement quand tout à coup une explosion fait sauter le toit de l’étable. Une enquête est diligentée vachement vite pour déterminer les causes de cet accident. L’enquête de voisinage ne révèle aucun élément troublant : nos quadrupèdes sont bien intégrées dans ce Land où l’on trouve, fumées elles aussi, les saucisses de Francfort, à deux corned-beef de Rasdorf. Rien à signaler du côté de la police des mœurs : ce troupeau est bien élevé, ne fait pas de foin, fume l’herbe et refuse le maïs Monsanto, ce qui écarte la thèse du suicide collectif. Finalement, la police de l’air portera le pet avec verdict sans appel (d’air) : un accident chimique dû à une trop grande concentration de méthane, un composant du gaz naturel, inodore –une chance !- et produit principalement de manière biologique. La ferme était donc bio. Le rapport de police est catégorique, je cite : « les blähungen -en français flatulences- de 90 vaches enfermées dans un endroit probablement insuffisamment aéré ont provoqué une émission de méthane qui s’est enflammé en raison d’une décharge électrostatique ». Les autorités ont pris le taureau par les cornes et proposé à nos amies flatulentes germaniques un hébergement provisoire. Est-il bon de rappeler que nous autres, monogastriques comme les porcs et les volailles, nous évacuons moins de gaz que les ruminants ? Ce qui, en ce mardi-gras, nous enlève toute raison de ruminer… bison.jpg Bison d'Amérique du Nord - Photo : © Samuel Blanc

12/11/2013

Belle Lurette

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Ca fait belle lurette que je me demande qui est cette… Lurette. Force est de constater qu’on ne sait pas grand-chose d’elle, sinon qu’elle est belle : Lurette. Mais ne cherchons plus. Ce mot n’a pas de sens, puisque c’est un mot qui…n’existe pas ! Le dictionnaire se complait à nous le confirmer, précisant que lurette n’est pas un mot, mais une locution. Belle lurette est donc une locution obtenue par métanalyse de la locution belle heurette (diminutif d’heure). A vouloir décoder lurette, je faisais fausse route. Et c’est justement la fausse route que veut nous éviter à tout prix la luette, (amputée du « r », mais phonétiquement si proche de notre lurette)… Petit appendice charnu, -la luette aussi sait se faire belle, dans le miroir, quand on a la gueule ouverte et la langue bien pendue-, appendice mobile et contractile qui se pavane à l’entrée du gosier et nous évite -depuis belle lurette- la fausse route entre déglutition et ventilation. Genre fluette, notre luette est méchamment accusée de provoquer les ronflements sujets à controverses alpines sur le bat-flanc des refuges. Elle risque même l’uvulo-palato-pharyngoplastie : opération de la luette qui fut mise au point, il y a… belle lurette. Me voilà rasséréné de savoir enfin que notre belle lurette résulte d’une métanalyse de locution. Rappelons tout bonnement que la métanalyse est une modification quelconque subie par un mot mal analysé quant à ses morphèmes ou dans un syntagme mal analysé quant à ses lemmes… Mais cela, chacun le sait très bien, et depuis… belle lurette ! manchots_a_jugulaire.jpg Manchots à jugulaire-Péninsule Antarctique - Photo : © Samuel Blanc

18/06/2013

Crapaudine

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Au rayon bricolage, personne ne voit vraiment ce que je veux. Il faut dire que mon explication est laborieuse, et les mains ont beau venir, comme à l’italienne, en renfort des mots, rien n’y fait. Mais si ! Un truc en forme de chapeau avec des pattes ; dans le tuyau, ça ne laisse passer que l’eau de pluie ! …J’ai le mot sur le bout de la langue… Le vendeur exulte qui vient de décoder le machin que je cherche : une crépine ! Et de me renvoyer au rayon plomberie. Son collègue, aussi sympathique qu’un siphon bouché, s’impatiente lorsque, tout à mon hésitation et pour savoir qui s’y colle entre crépine et crapaudine, voilà que je plombine… Il n’a pas aimé le plombier. Va, pour la crapaudine…Je vous vois venir, les amis ! Me jeter l’opprobre de n’avoir fait la différence entre crépine et crapaudine ! Il y a ceux qui ont pensé –crapaudine oblige- à la femelle du crapaud, puisque le crapaud n’est pas le mâle de la grenouille, pas plus d’ailleurs que le hibou celui de la chouette ! Il y a ceux, férus d’histoire du Moyen-âge, pour qui la crapaudine était une pierre précieuse portée par le crapaud servant d’antidote au poison. Il y a enfin l’hôtesse de caisse, interloquée, alors que je laisse éclater à la cantonade, tel un siphon débouché en pleine éructation, mon bonheur d’avoir trouvé ma crapaudine… Je dors tranquille depuis que, fixée à l’entrée du tuyau de descente des chéneaux, ma crapaudine laisse passer l’orage, mais retient scrupuleusement les saletés descendues du toit. Ca vous en bouche un coin ! DSC_8090-2_filtered.jpg photo : Benoît Caussieu

26/02/2013

Le répondeur

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Mon répondeur ne répond plus ! Disons, que c’est moi qui ne réponds plus de mon répondeur. Et dès lors que vous ne répondez plus de votre répondeur, il n’est pas surprenant qu’il réponde ne plus répondre pour vous. Il a craqué : dépression nerveuse ! Il en assez de se faire harceler, apostropher au téléphone. C’est vrai que ce boulot est ingrat. Passer son temps à répondre qu’il n’y a personne, alors que tout le monde sait que si répondeur il y a, c’est bien qu’il y a quelqu’un, qui lui a demandé de répondre qu’il n’y a personne !... Le plus démoralisant, c’est qu’on ne croit jamais le répondeur. Jamais un mot gentil, un brin empathique, jamais : « pauvre répondeur, comme je t’admire de répéter à longueur de journée que les Duchenoques sont absents, qu’ils répondront plus tard, alors que toi, tu sais bien qu’ils sont là les Duchnoques, et qu’ils ne répondront pas, ni maintenant ni plus tard…Vraiment, chapeau ! ». Mon répondeur titulaire suit actuellement une thérapie pour retrouver un peu d’estime de lui même. J’ai eu droit à un répondeur remplaçant : catastrophe ! Ce matin au moment où j’allais décrocher, je l’ai entendu répondre à… mon percepteur : « Allo, j’te dis qu’ils sont pas là les Duchenoques ! T’es nase ou quoi ! Va te faire voir !... ». Le peu de crédit, d’impôt, que j’avais auprès de mon percepteur, s’est envolé. Je n’ai plus de répondeur. Mais je suis en mesure de vous annoncer désormais que si je vous réponds, c’est que je suis… là. A bon répondeur, salut ! fou_de_Bassan.jpg Fou de Bassan - Photo : © Samuel Blanc

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