homo homini lupus

Plaute n'utilise que trois mots, alors qu'il nous en faut le double, pour sa célèbre locution latine :  "l'homme est un loup pour l'homme".

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30/09/2014

Arpentage

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Je trouve la pente un peu raide : la faute au sentier. En fait, par inattention, je l’ai perdu et me retrouve dans un raccourci qui tire droit dans la pente. J’ai toujours enragé de ces raccourcis qui non seulement dégradent les sols et les genoux, mais surtout rendent l’arpentage plus difficile. Bref ! Mon arpentage, comme les trois mots syllabés qui le composent, mérite une pause sémantique. Car, si l’ar-pent-age, est aussi un art de la pente, il est également tributaire de l’âge de l’arpenteur… Arpenteurs, autres géomètres topographes, spécialistes des levées de terrains, qui ne me démentiront pas. Tout en reprenant le bon sentier, exit l’égo éphémère du raccourci, je me suis demandé, arpentage oblige, ce que valait un arpent de terrain. C’était la mesure du grand-père m’expliquant qu’un arpent valait cent perches, mais pas partout. Les gens de la Matheysine l’estimaient, semble-t-il à 36 ares, et ceux du Trièves à 40. Vrai ou faux ? En tout cas, grand écart géographique bien connu des habitants du coin qui savent combien le Drac -affluent de l’Isère que les perches arpentent plus rarement que les truites- sépare irrémédiablement la Matheysine du Trièves… A force de mesurer tous les maux de mon arpentage, j’atteins le sommet. Et là, au premier arpent sommital, me voici sur la pointe des arpions : je viens de découvrir une arpenteuse. Non pas la femme de l’arpenteur… mais la chenille de la phalène. Et une chenille, ça ne marche pas : ça arpente le sol littéralement comme feu la chaîne d’arpenteur ! Et quand on sait que la phalène est un papillon géomètre, de la famille des géométridés… on arrête d’arpenter ! arpenteurs-manchots-a-jugulaire-antarctique.jpg Arpenteurs, manchots à jugulaire à Antarctique - Photo : © Samuel Blanc

06/05/2014

Prudence

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Trois personnes sont penchées sur moi. Attentionnées, elles ont dû me déposer sur ce banc. Visiblement, on s’inquiète…. Oui, je suis à la gare. Oui, nous sommes bien mardi, le premier de mai. Oui, j’attends le train, et pour sa fête aujourd’hui, ma cousine Prudence. La porte vitrée, c’est ça ! Un brin dans les pommes, c’est en pleine poire, que je viens de prendre la porte. Les portes, c’est connu, n’en font qu’à leur tête et ne supportent pas le rentre-dedans. De plein fouet, si j’en crois la petite bosse bleutée qui fait front. Ouf ! Mes lunettes sont sauvées pour ne pas les avoir eues sur le nez ! Sauf que si je les avais eues sur le nez, j’aurais vu la porte, au nez se fermer. Bref ! Je reprends mes esprits, mon sac, mon journal, mon bouquet de fleurs pour Prudence, avec cette sourde impression que quelqu’un là-bas se paye encore ma tête comme si la porte n’avait pas suffit. J’ai toujours eu du mal à encadrer les portes. Tout petit déjà, pour m’y être coincé les doigts, qu’il vaut mieux, les enfants, avoir dans le nez plutôt que dans la porte ! Pour l’avoir claquée trop fort, quand il eût fallu la fermer poliment ou même la prendre. Verrouillée pour le chien, ouverte pour le chat, entrebâillée pour dormir, blindée pour être tranquille, défoncée pour récupérer les clés. Les portes vous sont proposées battantes, pivotantes, oscillo-basculantes, coulissantes et même transparentes. Les transparentes ! je ne peux plus les voir…Et plus elles sont loin, mieux je me porte. Bonne fête, Prudence ! La porte, s’il te plaît ! ca_va_toi.jpg Ca va toi ? Manchot empereur enTerre Adélie- Photo : © Samuel Blanc

15/10/2013

Pas peur, moi !

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La peur. Celle du vide qui tétanise. Celle du lendemain qui démobilise. Du loup qui dramatise. Du gendarme qui verbalise. De la punition qui démoralise. Du pouvoir qui maintient son emprise. Du mouton en toute méprise. La peur est mauvaise conseillère, dit-on…Il est vrai que l’on peut avoir peur ! Peur ! Ces faits divers tordus qui passent en boucle sur nos écrans -assignés à la course à l’audimat- finissant par réveiller nos instincts les plus bas. Peur ! Ce nombre de jeunes qui malgré un travail et une volonté farouche de s’en sortir, n’en deviennent pas moi des travailleurs un peu plus pauvres. Peur ! Cette centrale nucléaire en fusion pour des années et hors contrôle malgré le déni de ses dirigeants…gratifiés pour le moins des Jeux olympiques. On me dira avec raison que le procédé est facile et parler de peur ne fait qu’en rajouter… Pourtant…N’est-ce pas possible, en notre for intérieur de surmonter notre peur et d’en éprouver grande félicité ? N’est-ce pas une victoire que de l’utiliser pour susciter notre vigilance, relancer notre attention, nous inciter à l’action en réactivant nos mécanismes de défense afin d’être moins vulnérables ? N’est-ce pas important de se rappeler -comme le dit Jacqueline Kelen- que : « La paix n’est pas le contraire de la guerre, mais de la peur » ?... Haut comme trois pommes, tandis que la chouette hulule dans la nuit bien noire, il serre bien fort la main de son père, en chuchotant : « même pas peur, moi ! » loup_gris.jpg Loup y es-tu ; entends-tu ; que fais-tu ? - Photo : © Samuel Blanc

09/04/2013

Comment ont-ils su ?

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Lawrence Anthony est mort le 7 mars 2012. Véritable légende en Afrique du Sud, il a passé sa vie à défendre les éléphants et autres animaux contre les atrocités de l’homme. Atrocités aujourd’hui devenues acceptables puisque, tout récemment encore, les nations n’ont pas été capables de mettre fin au braconnage lucratif de ces animaux. Vous me direz : pour les hommes, on ne fait guère mieux…Deux jours après la mort de Lawrence Anthony les éléphants sauvages se sont rendus en file indienne dans une marche solennelle sur plus de vingt kilomètres à son domicile, conduits par deux grandes matriarches. Les voisins, subjugués, ont pu dénombrer 31 éléphants. Et la question, demeure : comment ont-ils su ? ...Françoise, la femme de Lawrence a pu confirmer qu’aucun éléphant ne s’était rendu près de leur domicile depuis plus de trois ans. « Un homme bon est mort subitement», dit le rabbin Leila Berner «et à plusieurs kms de distance, deux troupeaux d'éléphants qui ont détecté qu'ils avaient perdu un ami cher, ont commencé à se déplacer comme dans une procession solennelle, presque ‘funèbre’ jusqu'à la maison du défunt pour montrer leur respect à sa famille ». Et de poursuivre : « S’il fallait avoir une preuve de la merveilleuse interdépendance de tous les êtres vivants, la voilà avec les éléphants de la réserve de Thula Thula. Le cœur d’un homme s'arrête, et le cœur de centaines d’éléphants est en deuil. Le cœur de cet homme a offert la guérison à ces éléphants, et maintenant, ils sont venus pour rendre un hommage affectueux à leur ami ». Fin de citation. Les pachydermes sont restés là, sans manger, pendant deux jours et deux nuits. Puis, au matin, sont repartis…

17/07/2012

Au pied

Retour à l'antenne le 4 septembre.

Renard_arctique_du_Svalbard.JPG

Renard arctique - Photo : © Samuel Blanc

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