et si on osait...

à l'invitation de Marc Aurèle, si on osait..."faire chacun de nos actes comme si c'était le dernier".

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16/12/2014

Coloquinte

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« Bougres d’extrait de crétins des Alpes ; concentré de moules à gaufres ; cercopithèque ; chenapan ; cloporte ; coléoptère ; canaille ; coloquinte… » Oui, Monsieur le capitaine Haddock, on vous aura reconnu : je me sens visé par le « bougre d’extrait de crétin des Alpes » qui sent la liqueur locale alpine, si délicieuse au sommet, avant la sieste. Non, je m’arrête sur coloquinte. Ce mot me plait pour l’oreille. Une sonorité sans pareil : coloquinte ! Eh oui ! Ça compte en français, la sonorité : autant que l’orthographe.

La coloquinte. Espèce de coloquinte ! De la famille des cucurbitacées – ça sonne également cucurbitacées ! - est une courge un peu spéciale, mais une courge. Je comprends maintenant pourquoi Haddock, plutôt que de m’invectiver inélégamment de courge, me traitât de coloquinte. Et sans herbicide dans le traitement, dirait Monsanto. Effet garanti ! Depuis que ne me traite plus de courge quand je me tape sur les doigts, je prends confiance telle une espèce de cucurbitacées. Cétacé inutile de se cucurbiter l’esprit…comme ça !

Non mais ! Voilà qu’un cercopithèque alias billettiste monopolise deux minutes d’antenne sur une radio pour le moins sérieuse justifiant le C de RCF Isère. Ç comme cérieuse, voilà qui n’est pas sérieux ! Allez ! J’arrête de faire le coloquinte, qui comme courge n’a pas de masculin. Une courge, concentrée dans un moulin à gaufres, gratinée à l’extrait de crétin des Alpes, je peux vous dire que ça vous fait un bachi-bouzouk du tonnerre de Brest. Mille milliards de mille sabords !

Arum bananier blanc, îles Kouriles - Photo : © Samuel Blanc

04/11/2014

Charles

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Bonne fête Charles. Et ne me dites pas que vous ne connaissez pas un Charles quelque part, histoire de lui faire sa fête ! Et même un Jean-Charles, Charles-Henri, Charles-Antoine, Charles-Edouard, Charles-Hubert. Ou encore Karl, Carlo, Charline, Carla… Pas moins de dix rois de France portent le prénom Charles : le Grand, le Chauve, le Simple, le Bel, le Sage, le Fou, le Victorieux, l’Affable, le Fanatique, le Proscrit… Si la Suède bat le record avec seize monarques prénommés Charles, l’Angleterre n’est pas en reste d’autant qu’un héritier du trône, Charles, attend depuis 60 ans. Votre attention s’il vous plait, chers auditeurs ! Deux intrus sont à débusquer dans la liste que voici (ça va aller vite) : Charles Baudelaire, Charles Dickens, Péguy, Darwin, Charles de Foucauld, Charles Bronson, Charleston, Charles Perrault, Berling, Aznavour, Ray Charles, Charlie Chaplin, Charles Elie Couture, Charlie Parker, Charles Dumont, Lindbergh, Trenet, Charles Quint, Gounot, Munch, Charles Martel, Charlemagne, Charles de Galles et son Buckingham londonien, Charles de Gaulle et son aéroport parisien, St Charles Borromée archevêque milanais, St Charles deux minutes d’arrêt, gare aux marseillais !
Bonne fête Charles ! Au risque de passer pour un Charlot ou pire pour un Charlatan, souffrez que je vous propose un Charleston ! manchot_papou.jpg Manchot Papou - Photo : © Samuel Blanc

20/05/2014

Pris au mot

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Sitôt que ma plume s’affaire sur une page blanche, ou mes doigts sur l’alphabet du clavier, mon chat vient jouer l’artiste et mettre sa patte à l’ouvrage. De me voir peser mes mots, il s’en balance, ce qui est un comble ! Son bonheur : renverser la corbeille à papier. Son plaisir : me voir à quatre pattes –sous la risée de ses babines- en ramasser rageusement le contenu. C’est pourtant la chose à ne pas faire ! Car, un brin chiffonnés de devoir regagner leur corbeille à papier où ils végètent dédaigneusement, les mots ne s’en remettent jamais… Vous reviennent alors des mots perdus, des vilains mots et même des gros. Des mots tus, des mo-mies à mi-mots, ou à couvert, mots de trop qu’on n’a pas mâchés. L’émo-tif, à un cheveu près. L’hémo-stase, coup de sang. L’hémo-globine, en rouge les surligne. Le mot gras et lourd de sous-entendus : un sumo en quelque sorte…Tiens ! Au fin fond de la corbeille, un mot de Démosthène, ou Démocrite : des mots-ments on ne sait même plus... Démo-ralisés les mots- passants et autres mo-hicans qui veulent toujours avoir le dernier. Mots au lait, mozambique, mozzarella, monastère, mollah, molosse, mollusque, molotov, moscovite, monoski, monoplace, monopole et pierre, mauviette, monothéiste, morue, morille, motopompe, motoculteur, mot tard, moribond, mot de la fin... Goguenard, mon chat qui l’a sur la langue, ne pipe mot. Il vide la Corbeille et sonne… la fin de la récré. Le voilà en boule, chiffonné. Si j’avais un conseil à vous donner : ne fouillez jamais votre corbeille à papier, vous risqueriez fort d’être pris au mot ! pygargue_de_steller.JPG Pygargue de steller-Extrème orient russe - Photo : © Samuel Blanc

25/03/2014

Annonciation

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Ce matin là, de bonne heure, mes parents Anne et Joachim sont déjà partis travailler. Je vis avec eux. Mon enfance et ma prime jeunesse sont un pur bonheur, même si la vie n’est pas facile. C’est vrai, j’appréhende un peu de vivre bientôt avec Jo. C’est lui qui m’est promis ; car telle est la coutume ici en terre palestinienne. En fait, je l’aime bien et il est d’une gentillesse peu commune. Qui plus est, un bon charpentier, connu en Galilée ! Je sais : nous sommes mal vus, car tout le monde prétend qu’il ne peut rien sortir de bon de Nazareth…N’empêche que dans l’année qui vient j’habiterai avec Joseph dans la petite maison qu’il a retapée de ses mains calleuses et pourtant douces quand il me caresse la joue. Une vie ordinaire promise à une grande simplicité. Je suis à mes pensées lorsqu’on frappe à la porte. J’en risque l’ouverture à l’Inconnu. Depuis, je n’oublierai jamais cette visitation comme on dit chez nous. La même que je rendrai dans deux mois à ma cousine Babeth. Alors, c’est à moi, discrète fille de Nazareth d’où il ne sort rien de bon, c’est à moi, Myriam, que l’on est venu s’adresser… Voilà que dans la vulnérabilité heureuse de mon cœur vient germer l’Annonciation de tous les possibles. Voilà que le ciel porte son attention sur un grain de sable fragile de notre terre. Voilà que dans la disponibilité de mon ordinaire vient germer l’incommensurable vertige. Pour preuve : sitôt la porte refermée sur l’Inconnu, Josué mon chat, vient se lover contre moi, me signifier qu’il a tout compris.

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Rencontre Ciel et Terre-Groenland - Photo : © Samuel Blanc

25/02/2014

Le contrepet

Pour écouter ce billet radio, cliquer sur la flèche ci-dessous. Et la version écrite peut être d'un bienheureux secours ! :

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La contrepèterie relève d’une pratique agréable, tel un gaz d’échappement libre. Rabelais la nommait contrepet ! Jeu de mots bien connu consistant à permuter certaines lettres ou syllabes d’une phrase à priori anodine pour susciter de désastreux lapsus, tel au théâtre le fameux "trompez sonnettes" lancé au lever de rideau par un comédien dont la langue fourcha en lieu et place du Sonnez Trompettes… J’avoue guère apprécier la plupart des contrepèteries graveleuses qui se vautrent -aussi nulles et faciles les unes que les autres- dans les rires convenus d’un terrain de mauvais goût. Et si la radio bonifiait un bon contrepet dans la mesure où le décalage opéré avec les mots se doit d’assurer bien sûr celui des sons ? Le fameux « ça pue les colins » est facilement décodé -surtout devant ses copains- par un enfant en âge de lire, comprenant vite que s’il peut « prendre son pain sans beurre, il peut aussi prendre son bain sans peur »… même s’il risque de glisser dans la piscine… Quant au « tailleur, submergé sous les amas de patentes » puisse-t-il résister aux appâts de ma tante !, et vous auditeurs, excusés de n’avoir rien vu venir avec ces « merles sur la dunette » ! Que penser de cette cuvette pleine de bouillon, alias buvette pleine de c… D’autant qu’au comptoir, le fils cadet du musicien s’offre le muscadet du physicien… Et surtout que me pardonne Prévert pour qui : martyre c’est pourrir un peu … A vos contrepets, et à pardi mochain ! tangara_a_croupion_rouge.jpg Tangara à croupion rouge-Costa Rica - Photo : © Samuel Blanc

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