ambiance nature

Alors, comme dans le proverbe japonais : "assieds-toi et regarde l'herbe pousser".

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14/10/2014

Là-haut

cliquer sur la flèche ci-dessous pour écouter ce billet réalisé en direct à l'antenne ce matin :

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Baptême en montgolfière. Sur la brochure on pouvait lire : « Il est des choses, que ceux qui sont montés là-haut, ne savent pas redire »… Citation de Dante, auteur de la fameuse Divine Comédie aux trois envols : inferno, purgatorio e paradiso. Au moment d’enjamber le bastingage pour entrer dans la nacelle, je crois entendre les chœurs de l’inferno, tel un avertissement sans frais : « lasciate ogne spéranza, voi ch’intraté / abandonnez toute espérance, vous qui entrez ». Car il a fallu entrer là-dedans à six, et déclarer notre flamme à ce ballon. El purgatorio est ce moment où, quittant le plancher des vaches, en douceur, l’on regrette ses fautes. Puis, arrive il paradiso. Dante le définit comme « l’amour qui meut le ciel et les étoiles ». Ce meuh me les rappelle en bas dans la prairie... Et dès lors, un silence impressionnant nous affranchit du monde, devenu indifférent, à nos pieds. « Oh temps ! Suspend ton vol » lance un passager, poète peut-être mais un brin parachuté, au prix d’un froid dans la nacelle en osier tressé. Un grand merci à mes enfants pour ce baptême en montgolfière. Quand on sait que cette dernière, je cite : « est un aérostat dont la sustentation est assurée par de l’air chauffé contenu par une enveloppe ; et que la différence de masse volumique avec l’air environnant, plus froid, crée une poussée », on se prend alors à remercier Archimède et prier le ciel que nous nous sustentations encore un moment. Ils étaient quand même gonflés ces Ardéchois pour la première à Annonay en juin 1783 … 20140707_164545.jpg Renardeau arctique - Photo : © Samuel Blanc

08/04/2014

La leçon du papillon

Pour écouter ce billet radiophonique, cliquer sur le flèche ci-dessous :

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Nos auditeurs connaissent certainement ce conte. Pour rester dans les deux minutes imparties à mon billet, j’ai choisi d’en faire une adaptation personnelle…Voilà pas mal de temps que j’observe, dans le feuillage, un cocon qui semble bouger. Un papillon s’efforce d’en sortir, mais sans succès : le trou du cocon parait trop étroit et le papillon à bout de forces. Je décide de l’aider. J’ouvre le cocon. Le papillon sort aussitôt, mais son corps me parait bien maigre, engourdi, ses ailes immobiles. J’attends un peu de voir s’ouvrir enfin les ailes du papillon et assister à son premier envol. Las ! Il n’en n’est rien ! Le pauvre papillon passera les quelques jours de son existence à se traîner par terre avec son maigre corps et ses ailes rabougries. Jamais, il ne pourra voler. Et moi, avec mon geste de gentillesse et mon intention forte de l’aider, je ne comprends pas. Ou plutôt Si. Je comprends, mais un peu tard, que le passage par le trou étroit du cocon est l’effort nécessaire pour que le papillon puisse transmettre le liquide de son corps à ses ailes, de manière à pouvoir voler. Le moule à travers lequel il doit passer pour grandir et se développer. Mon papillon a disparu. Brève, une vie de papillon : le temps de ne rien perdre des fleurs et des mauvaises herbes. Alors je me dis que dans mes fragilités et les obstacles à affronter, j’ai reçu tout le nécessaire pour voler de mes propres ailes ; aimer les fleurs et les mauvaises herbes… 20100312_183457.jpg Papillons Venezuela - Photo : © Samuel Blanc

18/03/2014

V'la l'printemps

Billet largement composé sur une mise en image sonore (musique de Vangelis) d'extraits d'un texte d'Oren Lyons, chef iroquois. Pour l'écouter, cliquer sur la flèche ci-dessous :

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A deux jours du printemps, je laisse la parole à un chef de la nation Iroquoise… Pendant des décennies le lac sacré Onondaga, près de la frontière canadienne a servi de dépotoir pour produits chimiques. Il est aujourd'hui l'un des plus pollués des Etats-Unis ...Au fait, Fukushima est à un vol d’albatros...

« ….La loi naturelle prévaut partout, plus forte que la loi humaine. Si vous la violez, elle ne vous épargnera pas. Elle fonctionne sans juges ni jurys, sans avocats ni tribunaux, sans personne que vous pouvez soudoyer, séduire ou convaincre, pour éviter le châtiment. Une des lois naturelles exige que vous mainteniez les choses pures, en particulier l’eau. N’importe qui sait cela. Toute la vie sur notre Mère la Terre est liée à l’eau pure, et pourtant nous ne cessons de la polluer avec nos ordures et nos poisons. C’est agir en dépit du bon sens. Vous devez respecter la Vie, toute la Vie, mais pas seulement la vôtre. L’homme croit qu’il a été créé pour dominer, pour diriger. Mais il se trompe. Il fait seulement partie d’un tout. Sa fonction ne consiste pas à exploiter, mais à être un régisseur. Il est de notre devoir de veiller à ce que ceux qui vivront après nous héritent d’un monde qui ne soit pas pire que le nôtre, qui soit peut-être meilleur, comme nous l’espérons tous. Quand nous marchons sur la Terre Mère, nous la foulons toujours avec la plus grande considération, parce-que nous savons que les générations futures, qui montent de sous le sol, nous regardent… » Perce-neige_St_Agnan_en_Vercors.jpg Perce-neige - Photo : © Claude Villard

24/12/2013

Ce soir, Noël

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La tempête de neige fait rage, et pour les Dauphinois qui connaissent le coin, il parait osé de mettre le nez dehors. Au pied du Taillefer, calé entre Belledonne et Oisans, s’engourdit le petit village de La Morte. Le nom à lui seul confirmerait : sortir cette nuit de Noël, s’annonce une aventure. Mais notre colonne progresse lentement dans le sillon ouvert en neige profonde par les enjambées de l’oncle Pierre. Fière de nous, grand-mère nous encourage. Grand-père, malgré ses jambes claudicantes, ferme la marche. La flamme vacille, mais tient bon dans la lampe-tempête : un nom à coucher dehors ! mais de circonstance. Deux bonnes heures de marche pour les quatre kilomètres de descente vers le village voisin et son église : Moulin-Vieux. Heureusement le feu et sa fumée crépitent de concert à notre arrivée, qui vont sécher nos bottes trempées, rabibocher nos pieds gelés et mettre en gamme le vieil harmonium. L’église est pleine. A force de chants, de paroles douces, et de messages d’amour, nous commençons à avoir moins froid. Ma frangine vient de s’endormir sur le banc, enroulée dans une couverture. Les cloches sonnent. On chante encore. Le curé, missa-est embué et se frottant les mains, nous invite à boire un chocolat chaud en face, chez la Léa. Puis grand-père donnera l’ordre du départ. Cette fois, ça monte. La tempête a laissé place à un ciel étoilé. Et quand les étoiles jouent avec la neige, ça jette comme un froid par ici. Grand-mère nous conte les étoiles pour guider nos pas. Elles scintillent de joie là-haut à la vue de notre petite trace ici-bas. Et si la terre est belle dans ses rendez-vous avec le ciel, je vous dirai bien que ce soir, comme chaque soir, c’est Noël …

groenland.jpg Baie de Sisko-Groenland - Photo : © Samuel Blanc

19/03/2013

Printemps

Billet radiophonique à l'antenne ce matin. Extraits de texte de Sitting Bull en 1877, sur un arrangement musical de Richard Clayderman (Rêveries) mis en image sonore par Nicolas Boutry animateur d'antenne de RCF Isère. Pour l'écouter, cliquer sur la flèche ci-dessous, et saluons avec le printemps, la constance de notre planète soucieuse d'oublier nos caprices...

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1877, Sitting Bull, chef-guerrier sioux dans la région des Black Hills et ses gisements d’or, salue le printemps en plein exode, chassé de sa terre avec sa tribu. « …Regardez, mes frères, le printemps est venu ; la terre a reçu les baisers du soleil et nous verrons bientôt les fruits de cet amour ! Chaque graine est éveillée et de même tout animal est en vie. C’est à ce pouvoir mystérieux que nous devons, nous aussi notre existence et c’est pourquoi nous concédons à nos voisins, même à nos voisins animaux, autant de droit qu’à nous d’habiter cette terre. Cependant écoutez-moi, mes frères, nous devons maintenant compter avec une autre race –petite et faible quand nos pères l’on rencontrée pour la première fois– mais aujourd’hui devenue tyrannique. Fort étrangement, ils ont dans l’esprit la volonté de cultiver le sol et l’amour de posséder est chez eux une maladie. Ce peuple a fait des lois que les riches peuvent briser mais non les pauvres. Ils prélèvent des taxes sur les pauvres et les faibles pour entretenir les riches qui gouvernent. Ils revendiquent notre mère à tous, la terre, pour eux seuls et ils se barricadent contre leurs voisins ; ils la défigurent avec leurs constructions et leurs rebuts. Nous ne pouvons vivre côte à côte. Il y a sept ans seulement nous avons signé un traité qui nous assurait que les terrains de chasse aux bisons nous seraient laissés pour toujours. Ils menacent maintenant de les reprendre. Mes frères, devons-nous nous soumettre ou devons-nous leur dire : tuez-moi d'abord avant de prendre possession de ma terre... » sur_l_ile_de_Tresco.jpg Printemps sur l'île de Tresco - Photo : © Samuel Blanc

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