un brin indigné

"En ces temps d'imposture universelle, dire la vérité est un acte révolutionnaire".  George Orwell

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18/11/2014

Ohé des élu(e)s

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Ohé des élu(e)s ! Il en est encore -je crois- qui bossent leurs dossiers, rencontrent les gens hors campagne, convaincus et convaincants de n’avoir ni la science infuse, ni le droit de mentir ; et même se la jouent modeste… Certes, les militants bénévoles des associations, attachés au mieux-vivre ensemble, savent que rien n’est facile ; ainsi le maire que je fus dans mon petit village attachant de Chartreuse. Pour autant, la colère me gagne au spectacle consternant du grand chapiteau politico-circus...
Ohé des élu(e)s ! Ne nous dites pas que le « tous pourris » -terreau de la morosité ambiante sur laquelle certains stratèges se frottent les mains ou vendent leurs livres- est la faute des journalistes ! Cessez vos jérémiades sur les gens qui ne votent plus, ou se réfugient par défaut dans les extrêmes...
Ohé des élu(e)s ! C’est quoi ça ? La moindre manne politique pour profil de carrière… La gueule enfarinée et les pompes encaustiquées pour le show médiatique… L’avis péremptoire de la petite phrase, drapée tricolore… Ce que l’on va bien pouvoir détruire avant que de bâtir… Les chausse-trappes maintenues à température… L’opposition systématique comme mode de vote sinon de pensée… Après la porte et les affaires, le retour par la fenêtre pour se refaire… L’hémicycle de gamins dûment sanctionnés à l’école maternelle, aux travées vides inversement proportionnelles au plein de vos indemnités… Les mesures repoussées de non cumul des mandats qui en prennent pour perpète, et nous pour des ploucs…
Ohé des élu(e)s ! Elu(e)s qui font le job et pourraient me faire hésiter encore un peu à rejoindre la cohorte de ceux qui de la politique n’ont plus rien à foutre ? Sifflet ? La récré est finie…Ohé ! iceberg_1.jpg Iceberg - Photo : © Samuel Blanc

07/10/2014

Mille vaches sur un plateau

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Je me souviens avoir planché, à l’épreuve de géographie, sur le plateau de Millevaches. Amoureux des vaches qui restent mon animal préféré, j’ai rendu une bonne copie mais insuffisante pour compenser celle des maths. Bref ! Situé pour bonne part dans le Limousin, ce plateau fait le bonheur des limousines. La limousine : vache de couleur marron, plus claire sous le ventre et autour des yeux et du mufle, aux muqueuses rose clair, réputée pour sa rusticité, et ses qualités maternelles...C’est vous dire si j’ai la nausée à l’évocation du dernier modèle agro-alimentaire désastreux que nos scientifiques, politiques et affairistes de tous poils sont en train de nous mijoter. Les paysans et la plupart des éleveurs, ne comprennent pas de transformer ainsi l’agriculture en industrie. Comme le plateau du même nom -mais nous sommes là dans la Somme- une ferme de 1000 vaches est en cours d’installation. Une vache hors sol dans 10 m2 au top technologique, écornée, parait-il, pour ne pas blesser sa voisine, trois traites par jour, et surtout un pré d’herbe fraiche qu’elle ne reverra jamais… Et de me faire remarquer qu’en certains lieux, des hommes aussi sont parqués, maltraités, exploités et que je n’en dis rien… Ce qui est faux bien sûr : attaché que je suis, comme beaucoup, au respect de tout être vivant, et convaincu que si un seul être est considéré comme une chose, l’homme est lui-même déjà condamné. Mes étés d’enfance à garder les vaches m’ont appris le bonheur à les regarder droit dans les yeux. Et je peux vous dire que là-bas, elles ruminent déjà leur revanche en nous pasteurisant un lait qui nous rendra malades…et que leurs veaux sauront boycotter. Aquarelle_montagne-vaches_ou_Paysages_de_Vanoise.JPG Aquarelle réalisée par Julie Villard

16/09/2014

Coi...

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J’en suis resté coi … Coi, devant un parlementaire qui omet de déclarer ses impôts après les avoir rappelés à notre bonne attention républicaine sonnante et trébuchante. Comme dit l’autre il eût mieux valu sur le sujet qu’il restât muet, confirmant à l’occasion qu’un muet est de fait un antiparlementaire ! Coi, face à tous les livres dignes de ce nom qui en cette rentrée littéraire risquent fort de ne pas accrocher beaucoup de lecteurs. La promotion du plaisir de lire intéresse si peu les marchands d’information, occupés à mettre en boucle la promotion d’un navet que 67% des gens disent regretter, tout en l’achetant. Coi, avec cette crise sans sortie dont on veut nous faire croire qu’elle s’est faite toute seule. Et de penser à Marcel Aymé qui, à un monsieur se vantant de s’être fait tout seul, répondit : « vous déchargez Dieu, cher monsieur, d’une grande responsabilité ». Coi, devant cette répartie de Sacha Guitry, réputé misogyne, marié à cinq reprises à qui l’on demandait ce qu’il pensait de la vie amoureuse : « c’est très simple : on se veut et on s’enlace ; puis on s’en veut et on se lasse ». Quel beau calicot à faire flotter au fronton des opérations de recyclage dans le landerneau politique ! Coi. Isadora Duncan, la belle et célèbre danseuse interpela un jour Bernard Shaw. « Quel miracle ce serait d’avoir un enfant ensemble ! Imaginez qu’il ait ma beauté et votre intelligence ». Et lui, de répondre : « Oui, mais…supposez que ce soit le contraire ». Allez ! S’il nous faut rester cois, arrangeons-nous pour que ce soit devant les petits bonheurs de cette journée… Quoique ! iceberg.jpg

Photo : © Samuel Blanc

17/06/2014

Carton rouge

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Pour avoir longtemps tapé dans le ballon, j’aime le foot. Sans compter qu’un peu de rêve- même artificiel et fugace- ne fait pas de mal par les temps qui courent ! Certes, les amateurs ou les équipes à petit budget ont ma préférence, ainsi que les éducateurs sportifs de nos jeunes sur les bords de touche, généralement bénévoles...quand mon homonyme -entraineur de l’équipe qatari de Paris- gagne en une seule journée ma retraite de l’année. Certes, les brésiliens savent non seulement qu’ils ne toucheront aucun dividende mais qu’ils vont payer les frasques de cette coupe du monde pendant de longues années. Leurs dirigeants les ont mis à genoux sous le dictat maffieux de la FIFA, instance parasite du football international qui fait prospérer sur le dos des gens son trésor de guerre. Mais voilà ! Beau joueur, je tiens un scoop et vous annonce que l’équipe d’Uruguay –pourtant mal partie dans ce mundial- sera championne. Suivez bien ! Vous prenez les pays qui ont gagné plusieurs fois la coupe. Le Brésil par exemple en 1970 et 1994 ; ajoutez ces deux dates, vous obtenez : 3964. L’Argentine gagne en 1978 et 1986 (1978 + 1986 = 3964). L’Allemagne en 1974 et 1990 : total 3964. En appliquant la formule 3964, je peux affirmer que l’Uruguay remportera la coupe du monde cette année, comme en… 1950. Car, si je prends 2014 et retiens 3964, j’obtiens : 1950. Im-pa-ra-ble ! Mais place au direct, chers auditeurs ! Voilà que se déroule sur le terrain un incident de jeu : l’arbitre sort un carton. Rouge ! Carton rouge à la FIFA, renvoyée au vestiaire, sous les huées du public… Et viva el Brésil ! caracara_huppe.jpg Au Brésil ! Caracara-huppe - Photo : © Samuel Blanc

29/04/2014

Rien à cirer

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C'est lui qui passe au blanc d'argent Les vieilles espadrilles de la lune C'est lui qui fait reluire Les souliers vernis de la nuit Et qui dépose devant chaque porte Au Grand Hôtel du Petit Jour Les chaussures neuves du matin… Ces quelques lignes de Prévert, « les cireurs de souliers de Broadway », lustrées par la voix d’Yves Montand, me sont revenues en mémoire. La faute aux frasques du conseiller politique du président s’offrant les services d’un cireur de bottes à l’Elysée en pleine manif du serrage de ceinture pour tous… Une simple histoire de cirage de pompes ? Ou si, encore une fois, mémoire courte et à côté de nos pompes, nous assistions à la déliquescence de l’éthique politique provoquant dans la société les dégâts que l’on sait et pour seule parade, des larmes de crocodile ? Qu’attendent enfin nos édiles pour prendre des dispositions, aussi simples que draconiennes, afin de prévenir tous les cumuls de fonctions et les conflits d’intérêts dans la gestion politique du pays et jusque dans le domaine de la santé publique ? A quand le grand coup de pompe dans la fourmilière de cet échiquier doré sur lequel, à droite comme à gauche, on case les potes pour services rendus, on cire les pompes des amis, on encaustique toujours les mêmes, on fait reluire les nuls pour les recycler ? Salut à toi, Tom, le cireur de souliers de Broadway : C’est toi qui astique les cuivres De tous les orchestres de Harlem C'est toi qui chante la joie de vivre La joie de faire l'amour et la joie de danser… Le pire, serait un jour, de n’en avoir plus rien à cirer… baie_de_Disko-Groenland.jpg Baie de Disko-Groenland - Photo : © Samuel Blanc

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